Dans chacune de nos familles restent en mémoire – mémoire du coeur, de l’âme … et du corps – des évènements, des personnes, des gestes et des paroles. Sans cette mémoire, il n’y a pas de vie qui puisse se développer harmonieusement et accueillir l’avenir avec espérance.

Il est vrai que cette mémoire est parfois blessée plus ou moins profondément, elle a besoin d’être « revisitée » avec un éclairage qui la transfigure afin d’être à nouveau porteuse de vie et de vitalité… Dans l’éducation des enfants et plus particulièrement des petits-enfants, combien il est important que tout leur être soit « plongé » dans un climat d’affection, de bienveillance, de beauté et de paroles vraies. La mémoire du corps, de l’âme, de l’esprit en sera nourrie et enrichie pour toute leur vie.
Ils ont besoin aussi que leurs parents leurs transmettent « leurs histoires », « leurs repères », les faits marquants et structurants de leurs vies. C’est dans cette transmission que s’enracinent les valeurs fondamentales. Elles sont accueillies d’abord comme des valeurs qui font vivre, marquées par un attachement au bien et manifestant une confiance aux parents. Par la suite viendra une approche plus marquée par l’intelligence et la rationalité. Comme jeune puis comme adulte, je reste marqué par la façon dont la famille élargie a su accompagner mes grands-parents et mes grands-tantes ; comment nous les avons entourés jusqu’à veiller leurs corps après leurs décès. Certaines odeurs de fleurs, certains gestes et surtout certaines paroles restent, encore aujourd’hui, porteuses de vie.

"Lorsque le Christ, au moment de livrer sa vie, pose des gestes à la sainte Cène et dit "Faites ceci en mémoire de moi" - ce que nous appelons aujourd'hui la célébration eucharistique - il le fait pour accompagner les disciples et les aider à traverser la tourmente qui va s'abattre sur eux". Il arrive que par manque d’attention, par habitude, ces paroles et ces gestes du Christ que nous revivons chaque dimanche à la messe, « glissent » sur nous. Mais si nous essayons d’y mettre notre affection, de nous représenter ce que cela a dû être, l’ambiance à ce moment là… alors nous sommes conduits à « entrer en communion avec le mystère ». Nous vivons quelque chose qui vient rejoindre notre propre mémoire, l’éclairer, la transfigurer. Quelque chose nous met aussi en communion avec ceux et celles qui vivent la même expérience.

ALORS LA VIE ET L’ESPÉRANCE SE DÉPLOIENT EN NOUS ET NOUS COMMUNIQUENT FORCES ET LUMIÈRES POUR VIVRE NOTRE QUOTIDIEN. NOUS DEVENONS DES ÊTRES D’ESPÉRANCE. N’est-ce pas là le meilleur que chacun désire transmettre à ses proches et à ses enfants ?

Guillaume Villatte, prêtre