Il n’y a pas si longtemps, il était courant qu’un adulte lance à un enfant pris en faute : « Dieu te voit, tu sais », lui faisant ainsi craindre une quelconque punition de Dieu. Heureusement, les temps ont changé. Il n’est pas rare que la question : « Est-ce que Dieu voit tout ? » s’impose à l’enfant, révélant ainsi une certaine angoisse. Evelyne Montigny, journaliste à « La Croix », abordait, il y a quelque temps, le thème dans la rubrique « Transmettre » de ce quotidien. Partant de cette question posée par un enfant de six ans, elle écrit : « Si nous croyons que Dieu nous a créés, aucun recoin de notre vie ne lui est indifférent. Il sait tous nos secrets comme dit le psaume 38 : « Seigneur, tu me sondes, tu me connais ; que je me lève ou m’assoie, tu le sais, tu perces de loin mes pensées ». Mais justement nos pensées et nos actions ne sont pas toujours positives. Les jeunes enfants sont conscients qu’ils ont des zones d’ombre comme les personnages de la Bible (…) Parfois ils vont jusqu’à imaginer Dieu comme une sorte de commandant qui voit tout et sait tout ce que l’on fait. Pas étonnant, écrit-elle, que Dieu leur fasse alors un peu peur, qu’ils puissent ressentir une angoisse, une culpabilité liées à ce regard constant. Et si l’enfant nous demande : « Est-ce que Dieu nous aime même quand on fait des bêtises ? », on réalise que la crainte de ne plus être aimé est au coeur du sujet. On peut donc commencer par le rassurer, en lui montrant que Dieu n’est pas un super gendarme. Le regard de Dieu ne condamne pas. Au contraire, sa bienveillance nous aide à mettre en avant ce qui est juste et bon en chacun de nous. Ainsi il nous invite à revenir sur nos erreurs, à changer d’attitude ! Certains récits du Nouveau Testament peuvent aider l’enfant à le comprendre comme, par exemple, la tendresse du père de l’enfant prodigue qui accueille son fils repenti (Luc, chap. 15). Ou le regard que Jésus pose sur Zachée qui transforme totalement la vie de ce collecteur d’impôts enrichi au détriment des pauvres. Dieu ne comptabilise pas nos fautes. Il nous redonne du souffle quand nous étouffons sous le poids de la culpabilité. L’essentiel finalement c’est de montrer à l’enfant que Dieu nous regarde avec amour. Un regard qui éveille et qui nous libère de nos fautes. Dieu nous appelle toujours à plus de vie ».

Evelyne Montigny, « La Croix », 26-27.11.16