Ces mots tout simples ont été prononcés par le Pape François à Cuba vendredi 12 février. Et son interlocuteur a répondu : " Maintenant les choses sont plus faciles ". Et c'est ainsi qu'un pape a, pour la première fois de l'histoire depuis le schisme, rencontré un patriarche orthodoxe de Moscou.

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Auparavant, le patriarcat de Moscou assurait que la rencontre « n’a rien à voir avec la politique et sera, avant tout, une rencontre entre leaders religieux désirant lancer un signal en vue de nouvelles coopérations mutuelles ». Attendu depuis plus de vingt-cinq ans, cet événement soigneusement orchestré en marge de la visite en Amérique latine du patriarche Kirill et du voyage au Mexique du pape François, a été organisé dans le plus grand secret.
Pour des raisons politiques et religieuses, Moscou s’est longtemps opposé à une telle rencontre. Mais le temps du pape Jean-Paul II anticommuniste est passé et le pape François est bien vu par Vladimir Poutine. Et celui-ci a pleinement soutenu le rapprochement avec le patriarcat de Moscou. Une rencontre que les martyrs du Moyen-Orient ont également hâtée. C'est « l’oecuménisme du sang », selon l’expression du pape François. Quelque 100.000 chrétiens seraient tués chaque année et 1,5 million sont persécutés. Le pape et le patriarche partagent un même souci de protéger les chrétiens d’Orient.
Ils se sont embrassés trois fois avant d’échanger quelques phrases. La rencontre a consisté en un tête-à-tête de deux heures, suivi d'un échange de cadeaux traditionnels et de la signature d'une déclaration conjointe entre Cyrille et François et de deux brefs discours. .Pour le pape, c'était un "don de Dieu" en un "jour de grâce". Dans la déclaration, l'appel à l'oecuménisme est fort : "Conscients que de nombreux obstacles restent à surmonter, nous espérons que notre rencontre contribue au rétablissement de cette unité voulue par Dieu, pour laquelle le Christ a prié. Puisse notre rencontre inspirer les chrétiens du monde entier à prier le Seigneur, avec une ferveur renouvelée pour la pleine unité de tous ses disciples ! Puisse-t-elle, dans un monde qui attend de nous, non pas seulement des paroles mais des actes, être un signe d’espérance pour tous les hommes de bonne volonté