Un soir, avec des fiancés, nous avons cherché à dire ce qu’est un sacrement.
Et les voilà cherchant dans leur mémoire, se souvenant d’une préparation au baptême où ils étaient présents comme parrain ou marraine… et vient cette affirmation : « Un sacrement est le signe visible d’une réalité invisible ». C’est une définition très juste qui me permet de poser une autre question : « Dans le mariage, quelle est la réalité visible et quelle est la réalité invisible ? »… Les paroles d’échange des consentements des époux qui scellent leur alliance et qui sont tellement fortes qu’elles les mènent à ne faire qu’une seule chair. Cette réalité visible de leur alliance rend visible l’amour invincible et fort de notre Dieu. En Jésus Christ il a fait avec l’humanité UNE ALLIANCE nouvelle et éternelle : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » enseigne le Christ.

Au cours de la célébration du sacrement de baptême pour un petit enfant, cette image est venue pour évoquer la grâce de ce sacrement : Comme la main du père se pose sur le ventre de son épouse enceinte, il s’établit une vraie communication qui imprime quelque chose de fort et de durable dans l’être du bébé à naître. S’y ajoute la mémoire de la voix avec ses intonations. Le dimanche, jour où le Christ « s’est relevé d’entre les morts », les chrétiens se rassemblent pour « FAIRE MÉMOIRE » de ses paroles et de ses gestes.
Non seulement faire mémoire de son enseignement, de ses miracles, mais plus encore : à partir de cette mémoire faire l’expérience d’être entraîné plus loin encore… d’être entraîné dans l’offrande que le Christ fait de sa vie à son Père pour le salut des hommes, pour le pardon des péchés, pour le rachat de l’Humanité…

Oui, l’écoute de la Parole vivante du Christ nous fait communier à son coeur brûlant, à son désir que tous les hommes soient sauvés et qu’aucun ne passe à côté de la vie éternelle. Quand on est aimé, quand on aime, les mots ne suffisent pas, il est besoin de gestes, d’attitudes. Il est besoin de se donner, de se livrer entre les mains de la personne aimée et de vivre, avec elle, une communion de vie et d’amour dans la durée et la fidélité.

En ce temps de Carême, chemin vers la célébration du mystère de la mort et de la résurrection du Seigneur, ces questions se posent :
 Laissons-nous assez d’espace aux paroles et aux gestes du Christ, aux sacrements de la foi pour nous rejoindre et nous « atteindre » en profondeur ?
 Laissons-nous le désir du Christ de sauver l’humanité nous rejoindre, et orienter nos vies dans cette direction ?

« Ceci est mon corps livré… Ceci est le sang de l’alliance nouvelle et éternelle, le sang versé pour le pardon des péchés, pour vous et pour la multitude ».

Guillaume Villatte,  prêtre