Le Forum catholico-musulman, qui a eu lieu au Vatican du 4 au 6 novembre, a réuni 24 religieux et chercheurs catholiques, et autant de musulmans. Il trouve son origine dans la lettre ouverte “Une parole commune entre vous et nous” envoyée en octobre 2007 à Benoît XVI et à d’autres responsables chrétiens par 138 leaders musulmans.

“La rencontre est un rendez-vous important, dit le cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux car la ‘Lettre des 138’ représentait une initiative venant du monde islamique“ et “tenait compte des diverses sensibilités de l’islam”. Cette rencontre n’est pas la première mais elle “représente un nouveau chapitre“ dans un dialogue qui a cependant lieu “depuis 1400 ans“. Le cardinal Jean-Louis Tauran précise que “le dialogue ne peut se réaliser qu’en dehors de toute ambiguïté“ et qu’il est “toujours un appel à affirmer notre identité“…” Il n’a pas pour but la conversion, mais la connaissance mutuelle“.

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Par ailleurs il évoque aussi le principe de “réciprocité“ souvent rappelé par les autorités catholiques dans leur dialogue avec l’islam. “Si un musulman a la possibilité d’avoir un lieu de culte en Europe, il est normal que l’inverse soit vrai dans les sociétés à majorité musulmane“, précisant pour autant que “le respect du principe de réciprocité n’est pas un préalable au dialogue“. ” Le problème, c’est que ces initiatives de dialogue paraissent très décalées par rapport aux récits au quotidien de la violence anti-chrétienne dans plusieurs pays“. Et le cardinal s’interroge : “Comment faire passer ces ouvertures - réelles -, que nous avons avec les élites, dans la masse ?“

Enfin, le président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux souhaite que “les chrétiens aient une idée du contenu de leur foi de manière à ce que le dialogue puisse se réaliser de manière cohérente“. “Le dialogue interreligieux oblige les uns et les autres à être témoin de leur foi“, conclut le cardinal Tauran en soulignant que “tous les croyants ont la responsabilité de rappeler à leurs frères et sœurs en humanité que ‘l’homme ne vit pas seulement de pain’“.

source : Infocatho et La Croix