Le mot « Sainte Trinité » peut nous faire croire que ce jour est une « dogmatique », conceptuelle, cérébrale, bien loin de notre vie. Il est vrai que le mot Trinité ne figure pas dans la Bible. Par ce mot, inventé après coup par les théologiens, l’Eglise tente de dire le moins mal possible tout ce que Jésus dit du lien d’amour réciproque qui L’unit vitalement à son Père. De toute éternité, en un éternel présent, le Fils se reçoit du Père qui Lui dit : « Tu es mon Fils. Moi, aujourd’hui, je t’ai engendré » (Psaume 2) De toute éternité, en un éternel présent, le Fils se donne tout entier au Père et Lui dit : « Tu n’exigeais ni sacrifice ni victime. Alors j’ai dit : Me voici. Je viens pour faire ta Volonté » (Psaume 40).
Et par le don du Saint Esprit, nous, pauvres hommes, sommes associés à cet Amour réciproque du Père et du Fils l’un pour l’autre.

Cela n’a rien de théorique ni d’abstrait. Nous ouvrir à ce Don, quoi qu’il puisse nous arriver, c’est grandir jour après jour de notre vie dans la découverte émerveillée de l’amour dont nous sommes l’objet, chacun personnellement. C’est laisser cet amour faire jaillir du fond de nous-mêmes tout ce qui y a été déposé de meilleur, comme le font les plantes qui s’exposent au soleil.

« S’il y avait un bon Dieu, il ne m’arriverait pas ceci ou cela » entend-on dire si souvent. L’indifférence, le doute, la méfiance voire l’incrédulité envers la promesse de l’Amour de Dieu, tout cela ne trouve-t-il pas parfois écho au-dedans de nous ? C’est bien signe que notre recherche, notre découverte de Dieu et de notre vie en Lui a encore à progresser. Rien de théorique ni d’abstrait là dedans. C’est VITAL.

Père Jean-Pierre