Les grâces du Carême et du temps pascal ont affiné notre esprit et notre coeur. L’alliance de notre Communauté chrétienne avec le Seigneur et notre alliance personnelle avec Lui, se sont renforcées. Ainsi, comme dans toute relation d’alliance, nous sommes conduits à nous demander si nous respectons suffisamment la personne aimée, si nous sommes suffisamment attentifs à ses désirs, ses besoins.

L’Apôtre Saint Paul dans sa deuxième lettre aux corinthiens, chapitre 11, invite les chrétiens de Corinthe à se demander si leur communion au Corps et au Sang du Seigneur est respectueuse. C’est un sujet sensible ! C’est une question qui touche à l’intime de notre relation avec le Christ et son Église. Il y a une part de mystère qui nous échappe, mais il y a aussi des choix de vie, des attitudes objectives qui font obstacle à la grâce. Parfois elles sont l’occasion de contre-témoignage et peuvent choquer des personnes. La tradition vivante de l’Église, celle des saints et des saintes, celle des Papes et des évêques nous invitent à être vigilants sur les points suivants :
1. Notre relation au Christ et à son Église est-elle vivante ? Avons-nous un vrai désir de communion avec Dieu ? Si nous ne prions plus depuis longtemps, si nous ne venons plus fréquemment le dimanche pour écouter la Parole de Dieu et offrir au Seigneur un culte d’adoration … alors communier au sacrement de l’Eucharistie n’est pas respectueux sans une démarche de conversion et la célébration du sacrement de la réconciliation …
2. Depuis le début de l’Église, le respect de la vie est quelque chose qui caractérise les disciples du Christ. Il se peut que certains modes de vie nous conduisent à ne pas respecter la vie. La vie à naître bien sûr, mais aussi l’attention aux personnes en situation de fragilité : personnes âgées, personnes en situation de grande pauvreté…alors communier au sacrement de l’Eucharistie n’est pas respectueux sans une démarche de conversion et la célébration du sacrement de la réconciliation …
3. Enfin il est des situations de conflit grave, de blessure profonde d’autres personnes, d’injustice importante et d’hypocrisie grave ...

Certaines injustices graves au travail, certaines médisances et rumeurs, des divisions et rancoeurs, l’adultère, la vie de couple hors du sacrement de mariage, le remariage alors que le sacrement du mariage reste valide …alors communier au sacrement de l’Eucharistie n’est pas respectueux sans une démarche de conversion et la célébration du sacrement de la réconciliation … Accepter « de venir à la lumière » sur ces attitudes de vie est un chemin de conversion, même si parfois il faudra beaucoup de temps pour retrouver la possibilité de communier au sacrement de l’Eucharistie. La Communion avec Dieu et son Église va se fortifier par d’autres chemins. Faire le point de temps à autre, avec un prêtre ou un laïc, ayant le charisme de l’accompagnement, permet d’être réconforté et de mieux avancer à la suite du Christ.

Guillaume Villatte,  prêtre