Deux de nos jeunes, « avant avant-hier » en équipe de KT dans la paroisse, Philippine Salondy et Anaëlle Misman reviennent du Bénin : l’une étudiante en médecine, l’autre en couture pour devenir costumière. Elles y étaient parties avec trois autres étudiantes. Non pour passer des vacances mais pour réaliser un projet bâti avec le concours d’une association franco-béninoise « Coeur en partage ».

Cinq jeunes filles, trois étudiantes en médecine, une en pharmacie et une souhaitant devenir costumière ont donc décollé de Paris le 9 août dernier, direction Cotonou. Elles partaient collaborer au Bénin à l’action menée par l’association franco-béninoise « Coeur en partage ». Plus précisément à l’éducation des enfants du village de Saclo (commune de Bohicon), ainsi qu’à participer à l’amélioration des conditions de santé locales, et ce, en lien avec l’hôpital d’Abomey (le CHD Zou/Collines). Tandis qu’Anaëlle s’affairait à répertorier, étiqueter, ranger les livres de la bibliothèque de l’école du village, afin d’offrir à ses enfants un libre accès à la connaissance et d’encourager leur apprentissage de la lecture, les étudiantes en médecine passaient deux semaines à l’hôpital : en pédiatrie, maternité, médecine interne et chirurgie. « Là, écrit Philippine, nous avons été confrontées aux pénibles réalités qui sous-tendent le système et l’offre de soins de ce pays. Pas de sécurité sociale, manque de matériel indubitable, état des sanitaires assez déplorables, chambres où l’on s’entasse à … dix ! Mais, il faut le souligner, médecins et personnel soignant sont très compétents, font preuve d’un dévouement sans borne et mettent en exergue de belles valeurs humaines ! Nous avons d’ailleurs été merveilleusement accueillies. Et ce petit stage hospitalier a largement contribué à notre formation médicale. Nous avons aussi eu l’occasion de promouvoir les gestes de premiers secours, ceux du massage cardiaque sur mannequin auprès du personnel de l’hôpital. Et de prendre part à une campagne de prévention contre les grossesses précoces (trop nombreuses ici) et les IST (infections sexuellement transmissibles).

Ce fut pour nous l’occasion d’une confrontation à des réalités locales dont nous n’avions pas forcément conscience, une prise de distance avec notre mode de vie occidental et un regard nouveau sur l’homme et son humanité. Ce genre de voyage que j’intitulerai non pas « humanitaire » mais « voyage vers l’humain » conduit aussi à prendre du recul sur sa propre vie et à relativiser un nombre incalculable de choses. Nous avons autant (si ce n’est plus) reçu que nous avons pu donner. Et si notre expédition nous a permis de découvrir un pays et une culture que nous ne connaissions pas, elle nous a surtout donné l’occasion de renouer avec la foi en l’humanité et de raviver les couleurs de la solidarité ».

Philippine Salondy, JH.