C’était le dimanche 10 avril, le dernier jour de l’adoration de la tunique à la basilique Saint-Denys d’Argenteuil, avec une messe exceptionnelle dite par le cardinal Robert Sarah, venu de Rome. C’est un succès qui a dépassé les attentes. En un peu plus de deux semaines, ce ne sont pas 150 000, comme prévu initialement, mais plus de 200 000 personnes qui se sont pressées à la basilique Saint-Denys d’Argenteuil (Val-d’Oise) pour y découvrir la Sainte Tunique. Les derniers jours, la file d’attente qui s’étirait jusqu’alors sur le parvis et le long de l’église avait débordé dans les rues adjacentes. Au maximum de l’affluence, plus de 20 000 pèlerins pouvaient venir en une journée, attendant parfois plusieurs heures avant de pouvoir vénérer brièvement cette relique de la Passion.

« On est excessivement heureux, ce succès a surpris beaucoup de monde, les autorités civiles comme religieuses », reconnaît le P. Guy-Emmanuel Cariot, recteur de la basilique. « Les gens sont venus voir le vêtement taché du Christ… Y a-t-il besoin d’en dire plus ? C’est un témoignage direct de l’amour de Dieu ». Une messe par jour, célébrée par un évêque ou un cardinal, deux nuits d’adoration, plusieurs veillées de prières, mais surtout 12 000 confessions ont caractérisé cet événement que ses organisateurs n’hésitaient pas à qualifier d’événement « le plus important de l’année » pour l’Église de France. « Les confessions sont le plus beau fruit de l’ostension. On est au coeur de la miséricorde de Dieu célébrée par le pape François », insiste le P. Cariot. De nombreux fidèles ont été attirés par l’idée de voir une relique du Christ. (...)

Vicaire général du diocèse de Beauvais, le P. Emmanuel Gosset a été impressionné par « la ferveur de la foule ». « C’est une expérience de cette foi populaire chère au pape François », explique le prêtre qui a accompagné un pèlerinage diocésain (...). Le succès de l’ostension est selon lui un signe « très encourageant » de « la vitalité » de la foi d’un grand nombre de fidèles. « Le point de départ, ce n’est pas la tunique, c’est l’attente spirituelle ». (...) « Le bon sens de cette foi populaire, c’est aussi que tout le monde peut y participer ». Prêtre en Seine-Saint-Denis, le P. Hubert Louvet s’est rendu à Argenteuil, poussé par ses paroissiens. « Je trouve cela très positif, mais cela nécessite un accompagnement », tempère-til, en pointant le risque de « l’événementiel, bien dans l’air du temps ». « Il est important de partager le fruit de cette expérience pour qu’elle débouche sur un engagement dans la communauté et qu’elle ne reste pas individuelle ». « Souvent, on pense que les reliques sont pour les gens simples. Je pense qu’au contraire, cela peut venir corriger l’orgueil de l’intelligence », confirme le P. Cariot. C’est aussi l’avis de Marine, 26 ans, pour qui la contemplation de la tunique nécessite « d’abandonner la volonté cartésienne de tout contrôler par l’intelligence ». « C’est comme en Terre sainte où beaucoup de lieux et d’objets sont vénérés par les chrétiens sans qu’on soit sûr de leur authenticité, explique cette professeure de français. Cela fait partie de la foi ». Venue seule de son collège de la Celle-Saint-Cloud (Yvelines), elle a attendu plus d’une heure avant de pouvoir entrer dans la basilique.

Après une messe de clôture célébrée dimanche par le cardinal Robert Sarah, préfet de la congrégation pour le culte divin, la tunique a été remise, hier matin, dans le petit reliquaire discret où elle repose habituellement. Mais forte de ce succès, elle pourrait en ressortir plus tôt que prévu : dimanche, lors de son mot de clôture, l’évêque de Pontoise, Mgr Stanislas Lalanne, a promis une ostension « sans attendre 2034 », date de la prochaine ostension ordinaire.

Source : La Croix (G Vaillant)

Et le 3 avril, avec 50 paroissiens du Plessis, Laurence y était :

« C'était un moment intense de communion de Chrétiens d'origines et de cultures diverses. C'était une occasion extraordinaire d’exprimer sa foi ouvertement et la partager avec son entourage. Mais aussi de réfléchir sur la passion du Christ, son sens pour nous aujourd'hui et sur ce que l'épreuve a pu être en réalité. Le pèlerinage était en fait une invitation au recueillement profond grâce aux lectures qui ont accompagné les pèlerins et à la possibilité de prier dans la basilique ou à l'extérieur ».