Avant d’entrer dans la terre promise, par le ministère de Moïse, Dieu demande au Peuple d’Israël de renouveler son adhésion à l’Alliance. Pour cela il met le peuple en face d’un choix :
choisir le chemin qui conduit au mal et au malheur en se détournant du Seigneur, ou choisir un chemin de vie et de bonheur en étant fidèle à l’Alliance.
Et le Seigneur termine en invitant à choisir la vie ! (Deutéronome ???)

Le mercredi 1er mars nous entrerons dans le temps liturgique du Carême avec l’imposition des cendres au cours de la messe ; c’est un temps de grâce qui nous oriente vers la plénitude de vie qui est dans le Christ ressuscité. Il s’agit pour nous de discerner quel est ou quels sont les chemins de vie que le Seigneur nous invite à parcourir pendant ce carême. Pour chacun de nous ce ou ces chemins seront marqués, teintés de quelque chose de très personnel en raison des circonstances et de la maturité spirituelle qui est la nôtre.
Prenons le temps de demander à l’Esprit du Christ de nous éclairer ; mais aussi de nous aider à proposer une progression aux personnes qui nous entourent (qu’elles soient croyantes ou non). Le temps du carême est avant tout une démarche communautaire, quelque chose que l’on vit avec les autres. Certaines de ces démarches orientent vers la vie, la lumière, le bien, la communion, sans être connotées « chrétiennes et catholiques »…
Notre pays se prépare à élire le président de la république, puis la chambre des députés. Le climat politique n’est pas très sain : « coups bas », manipulations médiatiques, belles paroles sans lendemain… « Aujourd’hui, la parole a trop souvent été pervertie, utilisée, disqualifiée. Beaucoup veulent la reprendre, au risque de la violence, parce qu’ils ont l’impression qu’elle leur a échappé, et ne se retrouvent plus dans ceux qui, censés les représenter, l’ont confisquée. » (Les évêques de France).

La question pour nous est de discerner quelles sont les attitudes que nous avons à cultiver pour qu’ensemble nous reprenions un chemin qui s’oriente vers la vie, et nécessairement vers une vie ensemble. Les hommes politiques sont le reflet de nos mentalités et de nos choix de vie personnelle ! N’avons-nous pas à revenir à une saine affirmation de notre identité à travers une parole vraie et fiable ? Comment accueillir, comment s’ouvrir aux autres si l’on n’a pas une saine estime de soi, de son pays et de sa culture. Comment vivre un dialogue fécond sans être bien enraciné ? Le Seigneur nous demande « d’aimer son prochain comme soimême » ! Et si nous arrêtions d’opposer identité et ouverture ; le chemin qui mène vers la vie est peut-être pour chacun de nous d’approfondir notre identité, de cultiver notre mémoire et dans le même temps d’oser provoquer de vraies rencontres avec ceux et celles qui sont différents de nous ? C’est bien ce que fait le Christ dans l’Évangile : il est bien enraciné dans un peuple, une culture, une religion, une Loi et pourtant il se laisse rejoindre par des païens, des grands pécheurs, des étrangers et parfois même reconnaît chez ces derniers une foi plus grande …

Guillaume Villatte,  prêtre