Il est aussi nécessaire que se renouvelle la classe politique avec des personnalités plus jeunes et sans doute plus en phase avec les réalités du monde contemporain.
Il est nécessaire que nous redonnions un nouvel élan et de nouvelles perspectives à la construction de l’Europe des nations… Pour autant comment construire « un vivre ensemble » en faisant fi de certains fondamentaux : le respect de la famille autour de l’alliance entre un homme et une femme ; le respect de la vie de sa conception à la fin de vie ; le respect des différences qui ne font pas obstacle à l’égalité en dignité, mais viennent enrichir et rendre féconde la vie sociale. Comme disciples du Christ et membres de l’Église catholique, nous sommes appelés à voter pour un des deux candidats tout en sachant que notre engagement devra se poursuivre pour infléchir ce qui ne convient pas dans le programme et la personnalité de l’un et de l’autre. Nous le ferons d’abord en laissant l’Esprit du Seigneur scruter nos vies et coopérer à son oeuvre de purification. Sans quoi tous nos engagements, aussi bon soient-ils n’aboutiraient qu’à peu de chose.
Pour les disciples du Christ qui forment l’Église, il est nécessaire que nous remettions sans cesse au centre de notre façon de vivre et de penser : le respect et la dignité de toute personne humaine, sa vocation à participer à la sainteté de Dieu en Jésus-Christ. Cela est plus central que la réussite sociale, économique ; cela est davantage porteur de joie partagée et de bonheur d’être ensemble. Nous recevons de l’histoire de notre pays tant de lumière et de beauté, tant de force et d’espérance à travers la vie des saints et des saintes, à travers le mûrissement des consciences grâce à l’Évangile.

C’EST LÀ QUE SE TROUVENT LES FONDEMENTS DE LA FRANCE ET SA CAPACITE D’OUVERTURE ET D’ACCUEIL.

Guillaume Villatte,  prêtre

LE MESSAGE DES EVEQUES

Faites votre choix avec discernement
A l’issue du résultat du premier tour des élections présidentielles, la Conférence des évêques de France rappelle, dans un message daté du 23 avril, les fondamentaux souvent évoqués depuis l’automne, mais ne se permet pas de donner des consignes de vote.
« Dépositaire du message de l’Evangile qui inspire l’Enseignement Social, l’Eglise catholique en rappelle certains principes fondateurs comme la recherche du bien commun, la destination universelle des biens, la mise en oeuvre de la fraternité, l’attention aux plus fragiles, la dignité de la personne humaine et la subsidiarité. Un an avant le scrutin présidentiel, en juin 2016, dans une déclaration, le Conseil permanent avait souligné 7 points, autant de critères, dans le cadre de cette élection, pour exercer un discernement.
Pour que notre démocratie ne se transforme pas en société de violence, il faut favoriser un véritable débat national sans posture, petite phrase, ni ambition personnelle ; un débat favorisé par un rôle ajusté des médias, qui n’amène pas à l’hystérisation ; un débat dans lequel le fait religieux a une place et les religions ont un rôle. Quelle société voulonsnous construire ? A quel projet de société pouvons-nous aspirer ? Nous croyons en une société où l’être humain est plus qu’un élément du processus économique ou technologique. La dignité de notre société se reconnaît au respect des plus faibles depuis le début de leur vie jusqu’à leur fin naturelle.
C’est par un véritable pacte éducatif que les familles et l’école se rapprocheront alors qu’un climat de concurrence ou de méfiance ne peut que les éloigner. Et c’est en soutenant la famille, tissu nourricier de la société, en respectant les liens de filiation, que l’on fera progresser la cohésion sociale. Une société vivante repose nécessairement sur la recherche du bien commun et la mise en oeuvre de moyens de solidarité efficaces. L’État doit intégrer la solidarité dans la construction du projet de société et mettre en oeuvre concrètement sa préoccupation des plus pauvres, des personnes âgées, des personnes handicapées, des chômeurs. Négliger les plus fragiles revient à diviser la société. L’Etat doit donc gérer positivement la tension entre un libéralisme sans contrôle et la sauvegarde des mécanismes de protection sociale. Concernant les migrants, l’accroissement du phénomène migratoire, dû à de nombreux facteurs, est un constat, pas un combat. Quand certains pays accueillent des millions de réfugiés, comment notre pays pourrait-il reculer devant la perspective d’accueillir et d’intégrer quelques dizaines de milliers de ces victimes ? Notre volonté de solidarité ne peut pas se réduire au cadre restreint de notre pays.
La solidarité doit aussi s’exercer au niveau européen : l’Europe doit s’engager courageusement dans des politiques d’accueil. Elle doit, parallèlement, mettre en oeuvre de véritables programmes de soutien dans les pays d’origine des migrations. C’est une véritable adhésion des peuples d’Europe au projet européen qu’il faut favoriser. Et cette adhésion suppose de respecter davantage le fait historique et culturel des nations qui composent le continent. Enfin, il faut définir et entrer dans une véritable pratique de la subsidiarité où chaque niveau (Etats, Europe) exerce les responsabilités qui lui incombent.
Enfin, ainsi que l’a rappelé le Pape François dans son encyclique Laudato Si' (mai 2015) ainsi que les états participants à la COP 21 à Paris (décembre 2015), nous avons une responsabilité commune envers l’humanité et les générations à venir sur le plan écologique. La sagesse nous invite à revoir urgemment nos modèles de consommation et à inventer un monde moins destructeur et plus juste.
Aujourd’hui, le risque principal serait de renoncer à lutter pour l’avenir et de céder à la tentation du fatalisme. Notre foi chrétienne nous appelle à l’Espérance : les difficultés que nous rencontrons ne sont pas un appel au renoncement. Au contraire, elles nous invitent à investir toutes nos capacités pour construire une société plus juste, plus fraternelle dans ses diversités et plus respectueuse de chacun ».
Mgr Olivier RIBADEAU DUMAS, Secrétaire général et Porte-parole de la CEF

DERNIERE MINUTE : Mgr Lalanne prend position (2 mai 2017)
« L’attention aux deux points fondamentaux – respect inconditionnel de tout être humain et recherche ensemble du bien commun – fait que je ne peux pas voter pour une candidate porteuse d’un projet de société marqué par le rejet de l’autre et l’isolement de la France ».